calendrier des formations

La commission enseignement vous propose cette année la treizième édition du stage de formation personnel niveau Découverte, Perfectionnement (SFP1 et 2) et initiateur fédéral.

Cela se déroulera à l’ASPA à St Christol d’Albion.

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Rencontre avec Dominique FRANK

Article réalisé par Catherine PAUL à l’occasion de la communication du compte rendu de stage en Mixité du 13 et 14 Octobre 2018

J’adore faire des rencontres avec des personnes qui sont toujours engagées dans leur passion car elles ont cette particularité, c’est qu’elles ne parlent jamais d’elles. Aujourd’hui, j’ai voulu connaitre une femme très active au sein du CSR PACA, Dominique FRANK , correspondante EFS.

C.P. – Bonjour Dominique, qu’est ce qui t’as amené à la pratique de la Spéléologie. Et pourquoi la Spéléologie ?

Dominique surnommée « Doumdoum » :

« Bonjour Catherine… Au tout début, j’avais 13 -14 ans. C’était mon beau père qui faisait de la spéléo, dans le Ventoux, sur la face Nord, à la baume du Vent. Ça faisait un beau périple de 24heures, on montait faire la Baume du vent, voir le lever du soleil, puis on redescendait au village avec une partie de tarot au milieu, mais souvent on s’endormait, on ne voyait jamais le soleil se lever. Au début, on faisait de la spéléo comme cela, à l’arrache, la lampe dans la bouche, en espadrille avec un bonnet sur la tête. Mais bon, c’était de la spéléo horizontale. Après on s’est mis un peu plus à la spéléo alpine et pour mes 18 ans, j’ai eu un matériel complet : Texair, calbombe acéto, les deux pédales, pas de frein au mousqueton du descendeur, à l’ancienne quoi… c’était le matériel de la première génération alpine. J’étais très fière. Après j’ai arrêté pendant 15 ans car j’étais à l’étranger, je travaillais et je n’avais pas le temps. Et je m’y suis remise. Alors pourquoi la spéléo ? Parce que c’est intime la spéléo. J’ai besoin d’intimité dans mes activités. Je n’aime pas quand il y a trop de monde, dans les stades ou dehors. J’aime bien son côté intime. »

C.P. –  As-tu toujours pratiqué dans le Vaucluse ?

Doumdoum :

« Oui. Au début, mon premier club était dans la Drôme, le Derbous, dans le 26. Nous participions à tous les exercices secours qui se faisaient dans le Vercors ou en Ardèche. J’ai aussi participé au téléthon dans le Vaucluse.  Nous allions sur le plateau d’Albion. Et le plateau d’Albion, c’est trois départements différents…. »

C.P. – Quel a été ton parcours qui t’a mené à être une fédérée diplômée ? Je préciserais même très active.

Doumdoum :

« Quand je suis revenue à la spéléo sur le tard, je suis rentrée dans un club qui ne faisait que de la désobstruction et des explorations en première. Manque de bol, je suis tombée dans une période où nous ne faisions pas de première, justement : on s’est acharné sur un trou, on a fait énormément de désobstruction, on a beaucoup, beaucoup creusé… C’était la chouette ambiance avec bivouac sauf qu’à un moment, j’en ai eu marre. Je voulais faire de la classique.  Et quand on faisait de la classique, je me retrouver toujours derrière, à trainer des kits. Soit je trainais le perforateur, les rallonges ou les charriotes de cailloux pendant la « désob » soit je trainais mon kit… Alors j’en ai eu marre. Je me suis dit que j’aimerais bien être devant, que j’aimerais bien apprendre autre chose.

Au début, j’ai un peu joué des coudes en demandant «montre-moi » ou en disant «je le fais» mais cela les embêtait sous prétexte que j’étais trop lente. C’était un peu désagréable. Alors je me suis dit que j’allais passer mon initiateur et que cela allait m’obliger à atteindre un niveau d’équipement. Du coup, je me suis forcée à apprendre à équiper. Je partais toute seule car il n’y avait personne qui voulait m’apprendre. Je prévenais un collègue, lui disait dans quel trou j’allais et qu’il vienne me chercher si je n’étais pas sortie à 20h00.  J’allais m’entraîner, seule, j’avais un kit au début. Puis avec des bouquins… J’ai appris comme cela. Parfois, quand j’étais avec des gens, on confrontait nos techniques. Mais au début, j’ai beaucoup appris seule. »

C.P. – Tu es correspondante EFS au CSR PACA, en quoi consiste ton rôle au sein de la Région?

Doumdoum :

« Maintenant je suis correspondante EFS, c’est-à-dire que je fais le lien entre ce qui descend de l’Ecole Française de Spéléologie, où on en est dans nos travaux et nos réflexions, et peut-être nos petites réformes, je fais le lien entre eux et le CSR. Je divulgue l’information au maximum. Du moins j’essaie. Et je vois si les formations dans la région sont pertinentes, s’il faut en faire plus. »

C.P. – Quels seront les futurs projets pour cette commission ?

Doumdoum :

« Par exemple, il y a UN gros stage perfectionnement (dit perf) de déclaré à Albion chaque année en hiver. Ça se passe toujours en Albion. J’aimerais bien que cette formation fasse le tour des différents départements et trouver une formule où les gens viennent, puissent se libérer… Peut-être qu’une semaine c’est un peu trop… Et les stages de la Mixité que je trouve important de mettre en place. »

C.P. – Aujourd’hui, tu remets le compte rendu du stage « Mixité » que tu as encadré  en octobre. Peux-tu nous donner ton interprétation sur la « mixité » ?

Doumdoum :

« La mixité… Il y a un groupe de travail à la FFS, hommes et femmes, qui se sont réunis pour réfléchir sur la question « comment faire pour que plus de femmes puissent accéder à la pratique mais surtout aussi aux places de responsables, de responsabilité ou d’organisation ». Ensemble, nous avons réfléchi, nous sommes 10-15, des hommes et des femmes de tout horizon que le sujet intéresse. Au début on appelait cela plan de féminisation qui semble maintenant plutôt péjoratif dans les oreilles des gens.  Si on parle de mixité cela semble moins péjoratif car on mélange les genres. La mixité c’est riche. Quand tu es toujours tout seul à répéter la même chose dans ton coin, tu finis par péricliter. Mais quand tu ajoutes de l’étrangeté, du mix, de la différence, tu t’enrichies. C’est dans cet esprit-là. Puis cela a bien marché, le mot Mixité est bien passé. »

C.P. – Quel est la différence avec un stage dit « normal » de l’EFS ? Sur quel point particulier insiste-t-on dans ce stage car tous les stages EFS sont pour les hommes et pour les femmes?

Doumdoum :

« Rien qu’en regardant l’intitulé des stages ‘‘Perfectionnement à la technologie alpine’’ : c’est très technique, c’est performant. C’est présenté de telle façon  que beaucoup de femmes pensent que ce n’est pas pour elles, qu’elles pensent qu’elles sont bien tranquilles dans leur club, qu’elles n’ont pas le temps car cela dure une semaine et qu’elles ont des enfants. La seule différence !… Le contenu ne change absolument pas, c’est exactement le même. Le perf que je fais en « Mixité » est exactement le même que le perf dit « Normal » sauf qu’en mettant le mot Mixité au stage, j’insiste auprès des gens sur le fait qu’ils ne vont pas se retrouver dans un stage présenté dans le calendrier fédéral, mais venir se former. Car l’idée est de se former et de progresser. Mais mon discours est exactement le même. Comme les femmes débutent dans la formation, je fais le même discours qu’un début d’un stage  perfectionnement. Les spéléos quand ils viennent à un premier stage perf, entendent exactement le même discours que je tenais samedi en falaise : je mets tout le matos par terre, je dis que c’est simple c’est des cordes, des mousquetons, etc… Il n’y a aucune différence, je ne suis pas là à parler spécial ‘femmes’ ».

C.P. – Si j’ai bien compris ces stages sont faits pour inciter les femmes à venir, à plus encadrer, à plus à s’engager dans l’équipement ?

Doumdoum :

« C’est cela, et le groupe de travail Mixité travaille sur ‘’Comment faire pour que les femmes viennent plus à ces stages ?’’. Ce n’est pas des stages spéciaux pour elles. C’est dans ces stages que je me rends compte de leurs besoins,  qui sont les mêmes que n’importe quel  débutant. Si on prend un jeune ado, freluquet et maigrichon, il a peur d’équiper quand il y a des grands baraqués qui disent « à moi, je sais faire, je vais plus vite que toi, écrase toi… » C’est le même problème, il faut juste mettre les gens en confiance, hommes ou femmes. »

C.P. – Organiseras-tu  un autre stage de ce genre pour 2019 ?

Doumdoum :

« Oui je pense. Nous sommes bien motivées avec Annie et nous allons chercher à adapter la formule. »

C.P. – As-tu déjà envisagé de  faire un stage uniquement  qu’avec des femmes, cadres et stagiaires, dans la région ? Peut-être que cela s’est déjà fait, voir dans un autre pays.

Doumdoum :

« Non, nous n’avons jamais fait uniquement qu’avec des femmes car ce n’est pas l’objectif.»

C.P. – Pour avoir un avis complémentaire à celui d’Annie, tu sais que le CDOS attribue des subventions pour toutes actions relatives aux handicapés, aux adolescents en difficulté et aux femmes. Qu’en penses-tu ?

Doumdoum :

« C’est vrai que c’est un peu vexant, certes, mais moi j’ai énormément de respect pour les handicapés et j’ai énormément de respect pour les adolescents en difficulté et donc j’ai énormément de respect pour les femmes aussi. Je pense que ces trois publics ont effectivement besoin qu’on les aide un peu dans cette société patriarcale et machiste. Donc je n’ai pas de honte d’être mis à côté des handicapés. Par contre, moi, au contraire d’Annie, je me revendique comme féministe. Je persiste à croire que tant qu’on ne donne pas un espace particulier à des gens qui sont opprimés, ils ne pourront pas s’épanouir.

Je m’en suis rendu compte dans plein de situations. Si je prends pour exemple un CA où le président dit qu’il en a marre, qu’il veut quitter mais qu’il n’y a personne pour le remplacer. Moi, maintenant à ce président, je lui dirais de sortir de la pièce. Et une fois qu’il serait dehors,  je proposerais  aux gens de discuter et les questionnerais pour savoir ce que nous pourrions faire. Et là ! Il y aura du monde pour le remplacer. Le «mec» qui dit qu’il n’y a personne pour le remplacer, en fait, il n’a pas envie de partir. Il a juste envie qu’on lui dise, voir le supplie, de rester.

C’est pareil pour les femmes. Tant qu’il y aura des hommes pour dire qu’ils veulent bien qu’elles gouvernent mais qu’elles ne sont pas capables de, à ces hommes-là,  je leur dis de sortir de la scène, de nous laisser expérimenter notre gouvernance autant de temps qu’eux qui ont expérimenté pendant deux mille ans. Et ils s’apercevront que les femmes y arriveront aussi. Mais tant qu’ils ne nous laisseront pas la place pour nous épanouir, nous n’y arriverons pas. Et pour moi, c’est cela le féminisme. C’est juste comme dit Virginia WOOLF avoir une chambre à soi ‘‘A Room of One’s Own’’. »

Pour résumer, le CDOS donne une place aux opprimés. Et nous, les femmes, faisons parties des opprimés. »

C.P. – Je suppose qu’en tant que correspondante de l’EFS, tu as un rôle au sein de l’EFS. En quoi consiste-t-il ?

Doumdoum :

« J’ai été sollicitée pour venir à la Direction Nationale donc je fais partie de la DN et, du coup, je participe à beaucoup de réunions. »

C.P. – Quels sont les grands axes de l’EFS pour les quatre années à venir ?

Doumdoum :

« Je pense qu’on va beaucoup travailler sur le public jeune, scolaires et des EDS. Et sur la formation des cadres pour leur permettre de transmette leur savoir à ce public-là. »

C.P. – Justement tu  parles formation des cadres… Il me semble que tu prépares ton instructeur ? Comment devient-on instructeur ? On dit instructeur ? Instructrice ?

Doumdoum :

« On dit instructrice. D’abord, il faut être moniteur ou monitrice depuis quelques années quand même. Et il faut donner de son temps à la Fédération et avoir un esprit de réflexion pour développer la  Fédé. Il faut être un bon spéléo, bien sûr, mais en même temps, il ne faut pas faire des -1000 tous les quinze jours ou faire des escalades en première tous quatre matins. Ce n’est pas que technique. Un instructeur, c’est quelqu’un qui a envie de donner de son temps de travail, parce que l’essentiel de ‘l’instructeur’, c’est le mémoire de recherche. Il faut trouver un sujet et passer du temps pour le développement de la Fédé. C’est comme cela qu’ils me l’ont vendu. J’ai deux à trois parrains qui m’aident dans la formation. Et dans mes périodes de doute,  ils me confirment que c’est ma réflexion qui apporte beaucoup. Pour eux, l’important ce n’est pas d’être le spéléo de pointe mais c’est de réfléchir et de développer. Et chaque instructeur va moderniser la Fédération au fur et à mesure. Du coup, cela permet à la Fédé d’être au goût du jour. A chaque nouvel instructeur, à chaque nouveau mémoire, la Fédé se réadapte. Par exemple, le dernier mémoire, fait par Fabien FÉCHEROULLE « La mort annoncée de l’acétylène». Car aujourd’hui dans les stages, on s’est aperçu que plus personne n’a d’acétylène ni de bougies sur lui. Mais nous lui avons demandé qu’avant d’enseigner la bougie, il nous informe sur ce qu’était une bougie sous terre. Donc il a fait toute sa recherche en disant combien la bougie apportait de calories, si elle était comme-ci et comme ça, comment faire un point chaud… C’est vraiment du travail, c’est vraiment une étude. Nous avons besoin d’un  outil, l’instructeur prépare ce nouvel outil. Après c’est dispatché au niveau de tous les cadres et les cadres peuvent après l’enseigner à tous les spéléos. »

C.P. – Et toi, Dominique, le thème que tu as choisi ?

Doumdoum :

« ‘‘La réforme de l’initiateur’’ car je ne fais que de la formation… C’est un long travail. Je pense qu’on va modifier deux ou trois trucs dans le diplôme de l’initiateur. »

C.P. – Tu as dit « c’est donné du temps à la fédération ». As-tu une idée de ton temps de loisir consacré à la formation des spéléologues ?

Doumdoum :

« En ce moment, c’est tous les week-ends plus tous les soirs au moins une heure ou deux.»

C.P. – Si tu avais un appel à formuler auprès des spéléologues de la région PACA, lequel serait-il ?

Doumdoum :

« Formez-vous, mais surtout il y a un gros besoin en moniteur. Ce n’est pas si dur que cela et c’est vraiment se faire plaisir aussi.  Car lorsqu’on est initiateur depuis quelques années et qu’on va au monitorat, quel que soit l’âge et quel que soit la condition physique et l’objectif sous terre, -200 -300 -400 -600,  il faut se dire qu’on se donne un an à soi-même et on se prépare à être un bon spéléologue : on va s’entraîner, on va apprendre des techniques, on va brasser, on va changer de secteur et tout… C’est vraiment se donner une année à soi. Se faire plaisir avec une grosse « explo » tous les mois. C’est vrai que la formation est un peu lourde car elle dure 3 semaines dispatchées avec les 3 jours tests d’entrées au printemps, une semaine fin printemps-août avec observation du milieu (ce n’est plus équipier scientifique) c’est maintenant « protection environnement  et développement »  et la troisième semaine, c’est pédagogie en général en octobre-novembre où on encadre un  perf. »

C.P. – J’ai toujours rêvé de faire une expédition exclusivement féminine en Crête, juste pour imiter nos voisines alpinistes et découvrir cette jolie île. Que penses-tu de ce projet? Serais-tu partante pour y participer ?

Doumdoum :

« Je pense que ce serait une bonne idée. J’ai été en Crête mais malheureusement pas sur le bon massif. Les copains qui étaient de l’autre côté du massif ont fait -1000 et nous, qui étions dans un autre massif, n’avons trouvé que des failles, des  trémies infranchissables à -100 pendant 15 jours.

Si ce n’est pas pour faire de la baignade entre copines, je veux bien.

En plus, je connais des gens là-bas. J’ai formé trois grands gaillards d’un mètre quatre-vingt, des gros bébés, pompiers en spéléo de Crête. Au début, ils me regardaient un peu de travers et vite fait, ils ont bien compris qu’ils avaient des trucs à apprendre. On s’est super bien entendu à la fin, nous avons bien rigolé. Ils m’ont dit « tu viens quand tu veux chez nous ! » J’ai ce contact et on pourrait faire un appel auprès des femmes spéléos de là-bas.»

C.P. – Dominique, si tu as quelque chose de particulier à dire, n’hésite pas ….

Doumdoum :

« Le message que je peux donner en tant que correspondante EFS, c’est que tous les cadres de l’EFS sont comme moi… et comme toi Cathy… Nous sommes tous sympas, nous sommes tous là pour vous et nous ne sommes pas là pour frimer et du coup, Spéléologues, sentez-vous à l’aise pour aller sur n’importe quel stage même si ce n’est pas un label Mixité. Je leur garantie qu’ils recevront le même accueil qu’au stage Mixité d’octobre. Les formateurs de l’EFS sont des gens qui sont là pour former,  pour faire et se faire plaisir. C’est des gens qui ont beaucoup de générosité dans la formation. Tous les cadres que j’ai rencontrés, ont tous les yeux qui brillent quand ils apportent.  Il faut avoir confiance en ça. Ne restez pas près de chez vous….  N’hésitez pas à changer de massifs…. »

Un grand merci à Dominique pour le temps consacré à répondre aux questions ! Et pour cette énergie communicatrice.

Amies, amis spéléologues, n’oubliez pas de consulter le cahier des stages EFS, il y aura toujours une formation technique ou à thème qui répondra à votre besoin dans n’importe quelle région !

Dominique et Annie remercient tous les participant.e.s du stage en « Mixité » du 14 et 15 octobre 2018 à la Sainte Baume organisé au sein du CSR PACA. Aujourd’hui, Dominique a le plaisir de vous communiquer le compte rendu que vous pourrez télécharger en cliquant ici

Quelques images du stage en Mixité le 13 et 14 octobre 2018

« Dédramatisation » du matériel par Doumdoum.

Équiper, c’est pas compliqué : il suffit d’une corde et des amarrages.

Vérification du matériel personnel des stagiaires.

Moment convivial à l’apéro !

Dominique FRANK  correspondante EFS du CSR PACA dans l’Écureuil.

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Rencontre avec Annie LEGARÇON

Article réalisé par Catherine PAUL lors du Week-end du 13 et 14 octobre 2018

Je connais Annie LEGARÇON depuis de nombreuses années et toujours avec le sourire au côté de Raymond. C’est à l’occasion du stage régional du CSR PACA du week-end du 13 et 14 octobre 2018, organisé par Annie, que j’ai eu l’occasion de lui poser quelques questions car elle a éveillé ma curiosité et j’aimerais bien savoir ce qui l’a amenée à s’engager dans la « Mixité ». Pas vous ?

Q1/ Bonjour Annie, déjà 28 ans que nous nous connaissons ! Je me souviens, nous nous sommes rencontrées lors des réunions du CDS 13. Quel est ton parcours en spéléologie ?

Annie :

« Mon parcours en spéléologie fût très court. J’ai commencé à 23 ans. Des ennuis de santé, assez rapidement après, m’ont obligé à m’arrêter. Je n’ai connu que les échelles, la technique de progression de l’époque. »

Q2/ Tu ne fais pas de spéléo mais tu fais pour la spéléo. D’ailleurs, as-tu toujours investi ton temps libre dans la Fédération Française de Spéléologie. Peux-tu nous en dire plus ?

Annie :

« Je n’ai pas utilisé mon temps libre dans les premières années. Ce n’est que lorsque je me suis retrouvée sans enfants à la maison que je me suis investie, il y a environ 20 ans. J’ai été trésorière pendant des années au CDS 13 et 11 ans secrétaire de la Ligue LIPAM jusqu’à la fusion en 2017 lorsque les deux ligues Provence-Alpes-Méditerranée et Côte d’Azur sont devenues CSR PACA. »

Q3/ Aujourd’hui, quel rôle joues-tu dans le CSR PACA ?

Annie :

« Aujourd’hui, je suis Présidente adjointe du CSR PACA. »

Q4/ Tu as organisé un stage régional sur le thème de la Mixité. Est-ce une demande nationale du groupe d‘étude sur la « mixité » ? Es-tu engagée dans ce groupe ?

Annie :

« Je me suis engagée en 2010 avant que le groupe existe et depuis j’organise presque chaque année un stage sur le plan de féminisation, ceci bien avant que la notion de « Mixité » apparaisse. A la demande du CDS 84, qui avait créé une commission féminine, Raymond, qui était le Président de la Ligue LIPAM, avait demandé, lors du congrès fédéral de SAULT en 2010, un plan de féminisation auprès de la Fédération Française de Spéléologie.  L’accueil ne fut pas très enthousiaste. En fait, nous étions un petit peu en avance sur notre temps. »

Q5/ Quelles sont, en quelques mots, les orientations de ce groupe d’étude ?

Annie :

« Nous sommes partis d’un constat : ce constat était qu’au fur et à mesure que l’on avançait dans la hiérarchie des diplômes fédéraux, initiateur, moniteur, il y avait de moins en moins de femmes. En 2011 ou 2012, il y a eu une enquête menée par le CDS 84, sur l’initiative de Bernadette BOUTIN surnommée Dadou du club Ragaïe, qui indiquait que les femmes avaient des blocages…. D’abord, dès qu’elles étaient mères de famille la spéléologie passait au deuxième plan alors que pour les hommes c’était moins une évidence. Ensuite, la peur de se mettre en avant. Puis le fait que, comme cela a été dit cet après-midi au stage « il y a des hommes qui équipent, je ne vois pas pourquoi je me mettrais à équiper.

A la suite de cette étude, et à l’époque, il a été décidé de faire des camps, des sorties initiées par des femmes… mais bien sûr toujours ouvert à tous ! Ce n’était pas des stages, des sorties, ou des camps de femmes pour les femmes mais des sorties organisées par des femmes pour tout le monde. Et cela a permis de constater qu’à ce moment-là, les femmes se mettaient plus en avant. Les femmes porteuses de projets ont un vrai pouvoir de rassembler, d’accepter tous les niveaux de pratique, afin que chacun trouve sa place. »

Q6/ Peux-tu nous définir « mixité » ?

Annie :

« Pas spécialement.  Il me semble que la définition se trouve dans les orientations du groupe d’étude. »

Q7/ Mixité, ça rime aussi avec dualité. Quelle est la différence avec un stage dit « normal » de l’EFS ? En fais-tu une différence ?

Annie :

« Le constat est que si le stage était mis en avant par les femmes, les femmes se prêtaient d’avantage au jeu. C’est la seule différence. »

Q8/ Tu veux dire si l’encadrement était fait par les femmes ?

Annie :

« Non. Si l’initiative était féminine. »

Q9/ Quel est l’objectif de ce stage ?

Annie :

« C’est un double objectif. Par des petits stages informels tout simples, les cadres essayent d’amener les stagiaires, en majorité des femmes, vers des formations plus formelles pour qu’elles puissent arriver à des stages diplômants comme l’initiateur par exemple. L’objectif est de les sensibiliser pour qu’elles se disent « Je suis capable » et qu’elles n’hésitent pas à se mettre en avant dans une sortie dit « classique », et pas seulement lors de sorties à l’initiative des femmes. »

Q10/ On m’a posé la question suite à la lecture du contenu du stage « que veut dire ‘bouge tranquille’ ? », comment l’interpréter dans le cadre d’un stage mixité ?

Annie :

Je l’interpréterais comme « faire travailler sa tête plutôt que ses muscles pour ne pas gaspiller ses forces. »

Q11/ As-tu déjà envisagé de faire un stage uniquement qu’avec des femmes ?  

Annie :

« Non. »

Q12/ Le CDOS attribue des subventions pour toutes actions relatives aux handicapés, aux adolescents en difficulté et aux femmes. Qu’en penses-tu ?

Annie :

« Pour information de dernière minute, le CNDS n’a rien donné cette année pour la commission féminine. C’est dommage car il ne faut pas que le coût soit un frein. »

Q13/ Quels seront tes nouveaux projets pour l’année 2019 ?

Annie :

« Pour l’année 2019, je pense organiser un stage découverte canyon. Celui de l’année dernière a très bien marché. Plus de 20 participants, majoritairement des femmes. Je souhaiterais aussi faire un stage de topographie. En 2011, j’avais organisé un stage topo qui avait très bien marché dans le Verdon, où Harry LANCASTER avait choisi un trou accessible à tout le monde. Je ne manque pas de projets… »

Q14/ Si tu avais un « conseil » ou « une motivation » à proposer aux femmes qui pratiquent la spéléologie, que leur dirais-tu ?

Annie :

« Ne lâchez pas ! Déjà. Il y a le frein des enfants surtout quand les enfants sont jeunes. Que la fédération va essayer de tout faire pour qu’elles puissent continuer leur pratique sans être entravées. D’être pugnace, tenace et de persévérer.  Ne lâchez rien ! Dans aucun domaine. »

Q15/ J’ai une proposition à te faire. J’ai toujours rêvé de faire une expédition exclusivement féminine en Crête, juste pour imiter nos voisines alpinistes et découvrir cette jolie île. Serais-tu partante pour réaliser ce projet ensemble et être notre « team leader » ?

Annie :

« Je ne suis pas spécialement pour être exclusivement féminine, je ne suis pas féministe. Mais pourquoi pas ! »

Un grand merci à Annie qui a répondu honnêtement à toutes mes questions et assouvie ma curiosité. Je suis convaincue qu’elle aussi ne lâchera rien. Qu’elle garde toujours ce sourire qui fait sa force !

Annie et ses fans   (Catherine V., Dominique, Viviane, Valérie, Sidonie et Catherine P.)

Quelques photos du stage mixité du 13 et 14 octobre 2018

Le compte rendu du stage sera bientôt disponible sur le site du CSR PACA

Accueil des stagiaires à la Caire (Sainte-Baume – Var).

Accueil des stagiaires à la Caire (Sainte-Baume – Var).

Dernier regard sur le matériel individuel.

Photo souvenir de tous les participants au stage perf Mixité !

 De gauche à droite : Tintamarre, Sidonie CHEVRIER (SCPA-13), Lydia GUIDON LAVALLEE (SCPA-13), Annie LEGARÇON (GSP-13), Dominique FRANK (Ragaïe-84), Catherine VIGUIER (SCPA-13), Valérie COSTAMAGNE (GSO-83), Raymond LEGARÇON (GSP-13), Viviane LE LAN (SCS-83), Catherine PAUL (EXPLO-83), Henri FLAMENT (GSP-13), sans oublier notre photographe, Annie,  l’amie d’Henry.

A l’heure de l’apéro pour conclure cette première journée.

 

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Assemblée générale 2017 du CSR Paca à Puyloubier

M. le Maire de Puyloubier nous a accueilli dans la très belle salle des mariages de la mairie, sous ce tableau de Cézanne…:

Un grand merci à lui pour son accueil généreux, à Jean-Mary Maurice et au club de Trets, à Annie Legarçon pour ses excellents buffets, et à tous pour votre participation aux débats de cette A.G.

 

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Premier numéro de votre lettre d’infos

De la part de votre président préféré, voici le premier numéro de la Ratepenate, la lettre d’info du CSR Paca.

Merci RV et Sara !

 

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